La Polyculture

 

 

La polyculture pour en finir avec la monoculture

Wimbi Farm® intègre la polyculture comme principe même dans chacune de ses Wimbi Farms®. Bien sûr avec les spécificités propres au régions, climats, alimentation régionale et en intégrant le principe du maillage.

 

La monoculture désigne des pratiques agricoles ou forestières dans lesquelles on ne plante qu’une seule espèce ou un nombre très limité d’espèces sur une très grande surface.

D’une manière générale, l’agriculture productiviste est monoculturale. Le modèle de monoculture pendant très longtemps, en France, par exemple, était celui que les céréaliers mettaient en œuvre sur les grandes plaines de Beauce, de Brie, de Champagne, de Picardie, du Poitou, etc. Les céréales proprement dites (blé, orge, avoine) y étaient mises en rotation avec des cultures fourragères (luzerne) et vivrières (betterave à sucre). Dans les années 1950, le maïs faisait son entrée dans ces rotations, au point d’ailleurs qu’à grands renforts d’herbicides et d’amendements, les rotations étaient définitivement oubliées.

La monoculture s’opposait alors à la polyculture. Celle-ci était pratiquée dans les régions bocagères, principalement. La plupart des cultures pratiquées étaient destinées pour partie à l’alimentation humaine (blé, pomme de terre, haricots, carottes, etc.), pour partie à l’alimentation animale (autres céréales, betterave fourragère) et pour partie pour l’amélioration des sols (plantes couvre-sol, moutarde, colza, etc.). Les autres surfaces agricoles étaient dédiées aux animaux domestiques (herbages, prairies), sinon sauvages (près de fonds, ceintures marécageuses, écotones forestiers, bois, etc.).

Mais même dans les régions bocagères, la monoculture a fait son entrée en force, vers 1960. Deux faits marquent cette époque : l’arasement systématique des haies en pays bocager (modernité oblige… curieusement cet alibi reste d’actualité pour l’acceptation de l’inacceptable !) et l’arrivée du maïs.

On connaît les conséquences : maïsiculture intensive, utilisation massive des herbicides, élevage intensif hors-sol, rejet de nitrates, pollution des eaux, etc.

On oublie souvent de parler de différents autres effets associés : érosion hydrique et éolienne, risques d’inondation accrus, etc. et dans un autre domaine : pullulation des ravageurs des cultures, disparition du gibier, des prédateurs naturels des pestes, etc.

On n’oubliera pas non plus que les pratiques monoculturales sont extrêmement coûteuses en énergie exogène introduite. Ces pratiques agricoles sont largement déficitaires au sens où pour produire une calorie alimentaire, il faut en injecter entre 10 et 25 sous forme de carburant pour les machines agricoles et sous différentes formes pour les engrais, les produits phytosanitaires, les pesticides, sans oublier la gestion des stocks ou le maintien des cours !

On peut admettre qu’à la fin de la guerre de 1939 – 1945, l’accession, en Europe, d’une autonomie alimentaire ait été une priorité. Le paradoxe actuel est que l’Europe croule sous ses stocks alimentaires, que le gaspillage énergétique est fabuleux, que les atteintes environnementales sont colossales, que les destructions des ressources sont importantes… et que l’autonomie alimentaire n’est pas pour autant assurée, par exemple, pour les plus démunis.

Remarquablement, les plus démunis se comptent aussi aujourd’hui chez des gens qui ont un travail. Le seuil de pauvreté, au moins celui de précarité qui mène à l’endettement a beaucoup cru ces dernières années.

Je rappelle, pour mémoire qu’on nous rabâche les oreilles avec la diminution des prix dans les grandes surfaces… sans doute, mais ces baisses ne portent jamais sur les produits frais ou la plupart des produits alimentaires puisqu’ils sont exclus des calculs par l’INSEE !

Faudra-t-il continuer à justifier de la Politique Agricole Commune (PAC), des primes allouées à la monoculture*, etc. au prétexte de voir perdurer les restaurants du cœur… à moins que secrètement, d’aucuns pensent à les faire entrer au deuxième marché boursier !


La monoculture et ses dangers pour l’environnement

Un grand principe de la philosophie des Wimbi Farms® est de s’opposer à la monoculture

Avec le déclin des exploitations associant cultures et élevage, l’herbe a cédé la place aux céréales. Dans les zones de monoculture, surtout de maïs, les rotations culturales sont trop faibles.

Pour préserver l’environnement, mieux vaut prévenir que guérir. En délaissant les prairies et en simplifiant les assolements, l’agriculture française a pourtant fait le choix inverse depuis une trentaine d ’ années . Tel est le constat effectué à partir d’un indicateur qui intègre à la fois la présence de surfaces en herbe et la diversité des cultures à l’échelle de l’exploitation. Les prairies permettent de réduire la consommation d’engrais minéraux et de se passer de produits phytosanitaires. Et la variété des cultures autorise les rotations culturales indispensables pour limiter l’usage des pesticides. En 2000, les zones assurant maintien des prairies ou diversité des cultures se limitent principalement aux montagnes. S’y rajoutent notamment le pays d’Auge, l’Avesnois, le pourtour du Massif central et les marais littoraux. Dans les
Landes et la plaine d’Alsace, les assolements ont été simplifiés de manière radicale.

Ces régions figurent parmi celles qui font face aujourd’hui à des problèmes aigus de pollution de l’eau par les nitrates et les pesticides. Au contour du Bassin parisien, dans la vallée de la Garonne, d’une grande partie de Poitou-Charentes, de la Lorraine Poitou-Charentes, de la Lorraine et de la Bretagne, l’herbe a aussi été abandonnée au profit des cultures. Mais l’introduction massive du colza a également apporté un peu de variété dans les productions d’Eure-et-Loir, du Loir-et-Cher ou encore de Seine-et-Marne.

Un des exemples présenté est le modèle de LA FERME DU GRAND LAVAL qui agit dans ce principe essentiel de polyculture.


La Polyculture élevage

C’es alliance de différentes cultures avec t par exemple l’élevage de brebis où tous les éléments sont interconnectés.

Nous avons: des brebis qui paissent tranquillement dans un verger de pommiers, poiriers, abricotiers et plaqueminiers. A coté se trouvent les poules sous les pêchers, les cerisiers et les pruniers. Plus loin s’alignent les figuiers et les groseilliers au milieu des rhubarbes et des bandes maraîchères, intercalés entre les plantes mellifères. Le long de toutes les parcelles coule le Guimand, un ruisseau qui descend du Vercors et alimente les cultures toute l’année et qu’accompagne sur toute sa longueur une haie plantée. Encore plus loin on trouve des champs où l’on cultive en rotation: colza, lentille, pois, haricot, luzerne, orge, tournesol, caméline, pois chiche, triticale, trèfle, etc semés seuls ou en association. Et des prairies pour le foin ou les brebis. Enfin, tout près de la maison, se trouvent la serre, la forêt jardin, la zone de production de graines et la pépinière d’arbres. Et tous les ans au printemps, les brebis Solognotes vont paître au pied du Vercors dans les champs de lavande d’un ami agriculteur qui nettoie ainsi ses lavandes. Et ici et là se cachent des perchoirs et des nichoirs.


Interconnexion

Les poules mangent les tourteaux de pressage de tournesol, les céréales et les pois. Le fumier des poules est étalé au pied des arbres fruitiers et dans les bandes maraîchères pour un apport en azote. Les brebis tondent les prairies au pied des arbres et mangent les fruits tombés à terre, leur fumier enrichit le sol et favorise la vie du sol.  La culture de luzerne produit du foin pour les brebis en hiver, enrichie le sol et inhibe la croissance des chardons, il prépare le sol pour d’autre cultures. On peut imaginer des milliers d’interactions, de connections entre tous les éléments de la ferme. On peut aussi s’amuser à ajouter la composante « habitants de la ferme » dans l’équation et se rendre compte que les connections sont encore plus nombreuses. Rien qu’avec les poules par exemple: nous mangeons les oeufs, nous prenons du plaisir à les contempler, nous nettoyons le poulailler, elles mangent nos déchets de cuisine.


La Polyculture face à la Monoculture

Le fait de ne pas se spécialiser dans une seule culture est un choix qui a un intérêt majeur: l’agrosystème est capable de résilience, c’est-à-dire capable de retrouver rapidement un fonctionnement, un développement et un équilibre dynamique normal suite à une perturbation importante. Si une année une culture ne marche pas, une autre compensera les pertes. Par exemple, s’il gèle une année au printemps, il y a peu de fruits mais il y a des agneaux, le gèle n’ayant aucune conséquence sur la naissance des agneaux, ou alors, si une année la culture de lentilles a un rendement médiocre suite à un parasite, celle du tournesol fonctionne.

L’inconvénient majeur de ce type de fonctionnement versus une monoculture, est qu’il est nécessaire de se doter de beaucoup de matériel agricole. Il faut le matériel de l’éleveur, celui du céréalier et celui de l’agriculteur. Mais des machines de petite taille sont amplement suffisantes et l’on trouve d’excellent matériel agricole d’occasion (il suffit d’avoir la main « mécano » pour les entretenir). L’autre inconvénient c’est que l’on multiplie le travail. Mais cet inconvénient est en réalité un avantage, car la polyculture élevage permet de diversifier les tâches et rendre le travail agréable, une journée entière de moisson dans des champs de céréales à perte de vu n’existe pas au Grand Laval.

Et puis la beauté du lieu n’a rien à envier au immense champs de maïs ou de blé.

 


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01 L’arboriculture fruitière ou le verger permaculturel
>02 La polyculture pour en finir avec la monoculture
03 La permaculture et l’agroécologie, sciences de la terre
04 De l’agrobotique à la nanobotique pour une robotique douce et à taille humaine
06 La connaissance des interactions pour une optimisation des propriétés allélopathiques
07 La génétique agricole encadrée par une éthique
08 Le maillage comme réponse à la diversification de l’offre alimentaire
09 L’intelligence artificielle, le chef d’orchestre de l’Agromanisme
10 La santé doit intégrer la médecine anticipative comme vecteur indissociable de l’agriculture
11 Viser l’autonomie énergétique de la culture au recyclage de la matière
12 Etudes réalisées sur notre laboratoire à ciel ouvert